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Antoine VINTER, Psychologue au RFIE-SAIP

Depuis fin 2018, un jour et demi par semaine, Antoine VINTER, Psychologue, pousse la porte du Service d’Accompagnement à l’Insertion Professionnelle de l’Acodège à Chenôve. Le reste du temps, il reçoit en cabinet libéral à Dijon. Deux pratiques du même métier, deux façons radicalement différentes de l’exercer.

Le SAIP fait partie de la plateforme Remobilisation, Formation, Insertion, Emploi et accompagne des personnes âgées de 14 à 25 ans, porteurs d’un handicap psychique ou cognitif. C’est un service médico-social ouvert qui présente de nombreuses spécificités, notamment celle d’avoir des ateliers à disposition (restauration, blanchisserie, menuiserie, conditionnement, etc.) qui jouent un rôle mixte. D’un côté, ils initient à certains gestes et métiers, en support concret d’un projet professionnel. Mais leur intérêt va bien au-delà : ce sont avant tout des espaces tiers, à forte dimension thérapeutique, pour des jeunes qui ont souvent connu l’errance scolaire ou n’ont pas encore de projet. On y redécouvre qui l’on est, on y expérimente une façon d’exprimer sa personnalité en dehors du cadre scolaire qui a pu échouer, on y reprend un rythme, on y apprend surtout à trouver sa place dans un groupe.

Au sein du RFIE-SAIP, la mission d’Antoine VINTER dépasse très largement la casquette du psychologue clinicien œuvrant à construire un cadre soignant – elle est d’abord une mission d’accompagnement d’équipe. Il travaille aux côtés de chargés d’insertion professionnelle, d’éducateurs techniques spécialisés, d’une psychologue, d’une médecin psychiatre, d’une cheffe de service, d’un directeur et de professionnels administratifs. Une équipe riche et variée, qui rend compte de la fertilité des modalités d’accompagnement proposées, en perpétuel mouvement. Rien n’y est figé : une pensée en action, des projets en création.

C’est là toute la singularité de cette pratique institutionnelle : le positionnement d’Antoine VINTER l’invite à prendre un peu de hauteur, à poser un autre regard sur les situations, à étayer les réflexions collectives plutôt qu’à mener seul un colloque singulier. Il apporte des repères cliniques, parfois des pistes de réflexion, et il forme les équipes à mieux comprendre les limitations présentes chez les personnes accompagnées.

Concrètement, son activité se déploie sur plusieurs plans. Il réalise des bilans d’évaluation lors de l’admission, qui donnent aux équipes un éclairage clinique sur le parcours de vie et le fonctionnement de chaque personne. Il propose des soutiens ponctuels et des thérapies brèves, souvent en appui direct sur des difficultés que lui remontent les chargés d’insertion référents. Dans ces thérapies brèves, il utilise notamment un casque de réalité virtuelle pour des thérapies d’exposition : dépasser une phobie, une angoisse liée à la scolarité, aux transports, à un entretien d’embauche, ou des phobies plus spécifiques – araignées, pigeons, orage. Des environnements virtuels sécurisants pour affronter, pas à pas, ce qui bloque, et devenir ainsi le héros de sa propre aventure thérapeutique.

Il lui arrive aussi de recevoir des familles. Et il apporte, avec le pôle soin, composé de deux psychologues et d’une médecin psychiatre, une expertise clinique à l’équipe de direction.

Plus ponctuellement, il anime des groupes à visée psychopédagogique, presque d’éducation thérapeutique : prévention autour du numérique, des écrans, de l’intelligence artificielle qui imprègne de plus en plus nos pratiques ; outils de gestion du stress et de l’anxiété au quotidien, autour de la métacognition – mieux se comprendre soi-même, identifier ses difficultés, les partager, et repartir avec un vrai « mode d’emploi ».

Enfin, son expertise en neuropsychologie lui permet d’éclairer les substrats neurologiques qui peuvent freiner un projet socioprofessionnel, ou plus largement un projet de vie. Il est aussi à la jonction avec les autres soignants – médecins, psychologues, orthophonistes… – pour faire le lien entre le sanitaire et le médico-social.

« Ce qui me frappe, année après année, c’est la richesse incommensurable de cette pratique. La liberté qui m’est donnée de penser avec d’autres, de co-construire des projets en équipe, d’entretenir un regard plus large sur les modalités d’accompagnement à l’échelle du bassin dijonnais — c’est une dimension de mon métier que le cabinet libéral, aussi essentiel soit-il dans ma pratique, ne m’offre pas de la même façon. J’ai la chance d’y travailler avec des professionnels engagés, porteurs d’une vision globale des fondements nécessaires à la construction d’un projet : l’autodétermination, la place de l’expérience vécue, entre autres. C’est cette intelligence collective qui, je crois, fait toute la valeur de cet accompagnement. »

                                                                                                        Antoine VINTER, Psychologue

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